BaYkul Baris Yilmaz, un des derniers marbreurs à paris à pratiquer l’art Ebru

Quand vous rendez visite à Baris dans son atelier rue Levert dans le 20ème arrondissement, dans cette impasse partagée avec d’autres artistes, vous êtes ailleurs, vous entrez dans une ambiance, vous ne savez pas bien laquelle mais quand Baris vous propose un café turc, vous comprenez. Cet ancien chef cuisinier, formé auprès d’un maître en Turquie à l’art Ebru selon les traditions de son pays, vous accueille et vous explique avec son accent chantant qu’il a préféré renoncer à son métier pour se consacrer à sa passion.

Portrait de Baris Yilmaz
Atelier de Baykul Baris Yilmaz

Baris, arrivé à Paris il y a maintenant 18 ans pratique l’art Ebru.

L’ébru (« nuage ») est l’art traditionnel turc qui consiste à créer des motifs colorés en appliquant des pigments de couleur au goutte-à-goutte ou au pinceau sur de l’eau à laquelle on a ajouté des substances grasses dans un récipient puis à transférer ce motif sur du papier. Les dessins et les effets employés dans l’art du papier marbré sont, entre autres, des fleurs, des feuillages, des motifs ornementaux, des entrelacs, des mosquées et des lunes ; ils sont utilisés pour la décoration dans l’art traditionnel de la reliure. Les praticiens utilisent des méthodes naturelles pour extraire les teintures des pigments naturels, qui sont ensuite mélangées à quelques gouttes de bile de bœuf, un type d’acide naturel, avant d’être déposées au goutte-à-goutte ou au pinceau sur une préparation de liquide épaissi, où elles flottent en formant des motifs bigarrés (extrait texte de l’UNESCO sur le patrimoine culturel immatériel de l’humanité).

Les connaissances et les compétences des artistes, des apprentis et des praticiens de la peinture Ebru sont transmises oralement dans le cadre de relations maître-apprenti. L’art de la marbrure est arrivé en Turquie depuis l’Asie au XVème siècle à la grande époque de la tradition du décor, de l’ornementation et de l’ennoblissement du papier, utilisé pour la calligraphie et la décoration d’objets. Cet art est arrivé en Europe au XVIème siècle grâce aux grands voyageurs et négociants venus d’Orient. Baris est un des derniers marbreurs à pratiquer cet art dans la plus pure tradition.

Atelier de Baykul Baris Yilmaz
Bain de marbrure

Les papiers marbrés sont historiquement et aujourd’hui encore utilisés pour les couvertures des livres reliés. La plupart des clients de Baris sont donc les relieurs, les bibliothèques et en particulier la Bibliothèque Nationale de France qui oeuvre pour préserver et conserver son patrimoine. Baris pratique également la marbrure suminagsahi, l’art ancestral japonais qui consiste à faire flotter de l’encre sur l’eau. C’est l’effet hypnotisant de la beauté du dessin qui prend forme sur l’eau qui pousse Baris à aller toujours plus loin dans ses recherches et à faire rayonner son art auprès du plus grand nombre. Si on devait demander la spécialité de Baris, il dirait peut-être le monochrome et le double passage….:

Oeuvre Baykul Baris Yilmaz
Oeuvre marbrée Baykul Baris Yilmaz

Cette série d’oeuvres, toutes créées selon les techniques traditionnelles Ebru permettent de découvrir l’étendue du travail de l’artiste-marbreur. Retrouvez-le sur sa page Facebook.

Marbure Baykul Baris Yilmaz
Marbure Baykul Baris Yilmaz
Marbure Baykul Baris Yilmaz